Je m’appelle Bruno Bonnevie. Je suis artiste designer, installé en Savoie, et pendant des années j’ai travaillé dans l’ombre. Avec sérieux, exigence et passion. Mon quotidien était fait de cahiers des charges précis, de contraintes techniques, d’objectifs de coûts, de délais, de goûts à respecter. C’était un cadre rassurant, structurant, parfois même stimulant… mais aussi profondément limitant.
Ce fonctionnement m’a beaucoup appris. Il m’a donné une rigueur, un sens du détail, une attention particulière portée aux matériaux et aux usages. Mais avec le temps, j’ai ressenti un manque. Quelque chose d’essentiel s’était effacé : l’espace de l’émotion et du sens.
Aujourd’hui, j’ai fait un choix important. Celui de remplacer le cahier des charges par mon ressenti.
Mon point de départ n’est plus une demande extérieure, mais une émotion, une tension intérieure, une question que je porte en moi. Je cherche alors l’objet juste, la forme évidente, le dessin capable de traduire une symbolique. Mon travail d’artiste designer en Savoie s’inscrit désormais dans une démarche plus intime, plus libre, mais aussi plus exigeante. Créer sans cadre imposé oblige à une sincérité totale.
Sur ce blog, je partage cette démarche. Pas seulement des œuvres terminées, mais le chemin pour y parvenir. Les essais, les ratés, les doutes, les moments de découragement, et ces petites victoires silencieuses qui font tenir un projet debout. Créer, pour moi, n’est pas une ligne droite. C’est un mouvement, parfois lent, parfois chaotique, mais toujours vivant.
Le mobilier comme langage artistique
Le mobilier est devenu mon médium principal. Mais attention : mes pièces ne sont pas pensées comme des meubles purement fonctionnels, sauf dans le cadre de commandes spécifiques. Elles sont avant tout des supports d’expression.
Formes, matières, couleurs, équilibres : tout devient langage. La joie, la peine, l’impuissance, la colère contenue, l’espoir aussi… tout peut trouver une forme dans un objet. Un objet symbolique, parfois dérangeant, souvent fragile, toujours sincère. C’est cette frontière entre design et art qui m’intéresse, là où l’objet cesse d’être utilitaire pour devenir porteur de sens.
Être artiste designer en Savoie, c’est aussi travailler avec ce que l’on a autour de soi. Je crée avec mes moyens, mais je ne travaille pas seul. Lorsque le projet le nécessite, je m’entoure d’artisans de la région : métalliers, selliers, façonneurs de matière, femmes et hommes de savoir-faire avec qui je partage une même exigence du geste et du détail.
Ce travail en circuit court n’est pas un argument marketing. C’est une évidence. Il permet un dialogue constant avec la matière, des ajustements précis, une attention portée à chaque étape. Il donne aussi une épaisseur humaine aux œuvres, ancrées dans un territoire et dans des pratiques réelles.
Chaque pièce est unique. Je m’autorise à transformer une forme, à en casser une autre, à changer de direction en cours de route, tant que cela reste fidèle à ce que je ressens. La matière n’est jamais neutre : elle résiste, elle propose, elle dialogue.
Créer sans violence, exprimer sans imposer
Passé soixante ans, j’ai décidé de ne plus créer par obligation. Je crée ce qui me parle. J’essaie. Je rate. Je recommence. Parfois je parviens à symboliser un ressenti de manière presque universelle, comme une évidence pour celui ou celle qui regarde. D’autres fois, l’œuvre reste plus personnelle, plus secrète.
Ce qui m’importe, c’est le respect. Respect du regard de l’autre, du fait que l’on puisse penser autrement. Je crois profondément que tout peut s’exprimer sans violence ni menace, même les sujets les plus sensibles. L’art est un espace de dialogue, pas d’affrontement.
Un univers en mouvement
Mon travail d’artiste designer en Savoie est aujourd’hui en mouvement permanent. Je ne sais pas toujours où il me mène, et c’est précisément ce qui m’anime. Créer librement, c’est accepter l’incertitude. C’est aussi accepter de se dévoiler.
Si vous êtes ici, c’est peut-être que ces questions vous traversent aussi. Alors bienvenue dans mon univers. On verra bien où ça nous mène.
— Bruno Bonnevie
